Le chant d’un oiseau et celui d’un cours d’eau. Une légère brise sur sa peau. Maliki ouvrit les yeux sur un ciel bleu dépourvu de nuages et se redressa tant bien que mal. Ses mains s’enfoncèrent dans une herbe verte et grasse. La terre s’incrusta sous ses ongles. Une fois debout, elle se massa l’arrière de la tête, car une vive douleur la saisit en cet instant.
- Qu’est ce que c’est que cette histoire encore ? Lady ? Tu es là ?
Et tandis que le mal s’atténuait peu à peu sous son crâne, elle observa ce qui l’entourait. La plaine verdoyante qui lui avait servi de lit s’étendait sur des kilomètres, à peine habillée de quelques arbres et buissons. L’horizon se dessinait parfaitement, le bleu du ciel tranchant le vert éclatant de la verdure environnante. Elle fit un tour sur elle-même pour découvrir, à quelques centaines de mètres, un petit village entouré d’une palissade de bois.
- Bon … Mali, te voilà embarquée dans une bien étrange aventure, se dit-elle enfin, mi-paniquée mi-excitée.
Quand soudain :
- Bon sang ! C'est quoi ces fringues ?!
Elle portait en effet une grande robe blanche, ample, et brodée de bleu, dans des motifs très géométriques. Rien à voir avec le jean et le t-shirt qu'elle pensait avoir enfilés le matin même.
Après quelques minutes d'incompréhension totale, elle se calma un peu et décida de rejoindre le village.
Après avoir marché un temps qui lui parut plutot court elle finit par passer un petit pont sur un cours d’eau (surement celui qui l’avait réveillé plus tôt) et arriva devant la palissade de bois, dans laquelle se découpait une immense porte.
- Halte là !, la héla un homme en haut de la porte. Qui êtes vous, et que venez vous faire à Cocorico ?
Il portait une armure de cuir toute simple et un casque de métal en forme de gland, ce qui lui donnait une allure plutôt ridicule.
- C’est une blague ?, marmonna Maliki.
- Veuillez parler à haute voix et de façon intelligible mademoiselle !
- Je demandais si c’était une blague !
- J’ai l’air de plaisanter ?, s’indigna l’homme.
- Maintenant que vous le dites, pas tellement …
- Bon restez là un instant.
L’homme disparu quelques minutes et réapparut devant la porte du village qu’il venait d’entrouvrir. Il s’approcha prudemment de Maliki et enleva son casque. Maliki ouvrit alors des yeux ronds et fixa le garde. Son air ahurit amusa ce dernier qui se mit à rire.
- Et bien ! Qu’est ce qui vous arrive ?!
- Vos oreilles !
- Hein ? Qu’est ce qu’elles ont mes oreilles ?
- Mais ! Elles sont pointues ! Comme les miennes !
- Ben naturellement ! Comme tous les Hyliens !
- Les quoi ?! Les Hyliens ?! Vous voulez dire … comme dans Zelda ?
- Comment ça « comme DANS Zelda » ?! Surveillez votre langage lorsque vous parlez de notre princesse mademoiselle !
Maliki sentit alors une bouffée de chaleur monter en elle. Ce n’était pas possible. Elle devait être en train de rêver !
- Hum … Oui bon, dit elle, tentant, en vain, de s’éclaircir les idées. Donc … ! Vous êtes … un Hylien, et nous sommes … devant le village Cocorico … c’est bien ça ?
Elle décortiquait lentement chaque mot dans l’espoir d’y trouver plus de sens … Sans grand résultat. Elle ferma alors les yeux sous l’effort de la concentration.
- Et bien oui. M’enfin ne me dites pas que vous ne connaissez pas le village quand même !
- Attendez, attendez … Je remets de l’ordre là, si vous permettez …
- Ho mais faites donc, vous semblez en avoir bien besoin, répondit le garde, une étrange lueur dans les yeux.
- Bon … Ok, on est à Cocorico, z’êtes un Hylien … Donc je suppose que … Je suis … à Hyrule c’est ca ?
- C’est cela même. Vous êtes perspicace.
Maliki rouvrit les yeux pour trouver le visage moqueur du garde. Elle vira au rouge, soudain très mal à l’aise.
- Je ne comprends plus rien … c’est une caméra cachée c’est ça ?
- Qu’est ce que c’est que ça, une « kamérakaché ? », pouffa le garde.
Mais sa mine s’adoucit un peu lorsqu’il se rendit compte que Maliki avait vraiment l’air perdue.
- Allez, entrez jeune fille. Vous allez vous installer à l’auberge et prendre un bon repas, ca devrait vous requinquer. Enfin, je ne comprends pas pourquoi vous êtes perdue comme ca. Vu vos oreilles, vous êtes une Hylienne vous aussi, vous devriez connaitre le coin non ?
Il passa son bras autour des épaules de Maliki qui commençait à défaillir et l’entraina tranquillement vers le village, tout en continuant de discuter sur les merveilles que Maliki pourrait trouver dans le village. Mais elle ne l’écoutait plus, abasourdie, son esprit fixé sur ces mots « Vous êtes une Hylienne vous aussi ».
Maliki était elle de retour chez elle ?